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Une cartographie du biogaz en Europe

Quelle que soit son origine, le gaz naturel est un combustible fossile, donc disponible en quantités limitées et non renouvelables à une échelle de temps humaine. 


07/09/2020

Assainissement B224, usine de biométhane

©DR


Il se place en troisième position mondiale des sources d’énergie thermique, après le pétrole et le charbon. Selon l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), la combustion du gaz naturel serait, par exemple, à l’origine de l’émission de 0,206 kilogramme de CO2 par kilowattheure d’énergie fournie alors que l’essence, le gazole, le fioul domestique ou encore le kérosène affichent des valeurs avoisinant les 0,270 et le charbon les 0,243. Alors en effet, la combustion du gaz naturel n’émet quasiment pas de dioxyde de soude (SO2), de poussières, de suies ou de fumées, mais toutes les opérations de forage et de raffinage que l’on doit effectuer pour produire du gaz naturel sont aussi responsables d’impacts environnementaux conséquents. 

Au-delà du gaz naturel à proprement parler, ses filières vertes sont apparues sur le marché, plus ou moins récemment. 

Particulièrement prisé pour accompagner réellement la transition écologique, il possède les mêmes propriétés que le gaz naturel et peut être injecté directement dans le réseau de distribution. La poursuite du déploiement des gaz renouvelables pourrait, par exemple, créer entre 600 000 et 850 000 emplois directs supplémentaires et entre 1,1 et 1,5 million d'emplois indirects d'ici à 2050. 


Le gaz dans la transition énergétique européenne


Par Susanna Pflüger et Angela Sainz Arnau, Secrétaire générale et responsable de la communication de la European Biogas Association (EBA)


Dans ce contexte, l'une des premières actions de la nouvelle Commission européenne en novembre dernier a été la présentation du "Green Deal" européen, une déclaration d'intentions sur l'engagement en faveur d'actions climatiques mondiales dans le cadre de l'accord de Paris. La proposition repose sur un pilier clé : atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. La décision de l'exécutif de l'UE a été suivie quelques semaines plus tard par une déclaration officielle d'urgence climatique du Parlement européen. Les décideurs politiques européens envoient des signaux clairs sur la nécessité d'une transition vers une économie européenne dont les émissions de gaz à effet de serre seraient nulles. En ouvrant la voie, le Green Deal propose une vision globale pour garantir la santé humaine, l'utilisation durable des ressources naturelles et la préservation de la biodiversité. 

La valorisation de la production de biogaz et de ses externalités positives devient désormais essentielle. Le biogaz a un potentiel important pour soutenir la transition vers la neutralité carbone en Europe, car cette source renouvelable peut être, dans certains cas, même négative en carbone. Il ne s'agit pas seulement de réduire les émissions ; le biogaz a associé de multiples avantages socio-économiques et environnementaux et tous ces effets positifs peuvent être mis en œuvre à grande échelle dès maintenant. Toutefois, l'industrie du biogaz affirme souvent qu'il existe encore un manque important d'informations sur la production et les applications du biogaz. Les nouvelles mesures proposées par la Commission européenne sont donc une occasion incroyable pour l'industrie du biogaz de promouvoir une ressource qui commence tout juste à être reconnue dans le monde entier comme la technologie la plus avancée pour transformer les déchets organiques en engrais de valeur et en énergie renouvelable.

Assainir l'air que nous respirons grâce à des transports plus écologiques

Le gaz renouvelable peut également jouer un rôle important dans la décarbonisation des transports et l'amélioration de la qualité de l'air, en particulier dans le cas des véhicules difficiles à électrifier, comme les navires, les bus ou les camions. Le biocarburant, qui est un gaz renouvelable comprimé, peut réduire les émissions de CO2 de 98 % par rapport au diesel Euro VI. Les faits concernant les faibles émissions de GES et les effets positifs du biocarburant sur le climat sont de plus en plus confirmés par les scientifiques.  La Finlande, par exemple, a récemment franchi le cap des 10 000 véhicules à gaz et a fixé un objectif national de 50 000 véhicules à gaz d'ici 2030

Une situation gagnant-gagnant pour l'agriculture

La production de biogaz peut également contribuer à une agriculture plus durable et soutenir le secteur agricole, conformément à la vision de l'économie circulaire promue par la Commission européenne. Ce gaz renouvelable peut être produit à partir de résidus agricoles, sans entraver la production destinée à la consommation humaine et animale, en préservant la qualité des sols avec un travail minimum, en renforçant la biodiversité grâce à la rotation des cultures, en permettant la production et l'utilisation d'engrais organiques à partir du digestat et en assurant la séquestration naturelle du carbone dans le sol. Ces pratiques contribuent à leur tour à diversifier les revenus des agriculteurs et à les rendre moins dépendants des subventions.



En exploitant pleinement le potentiel de ce gaz renouvelable et de ses externalités positives, l'industrie du biogaz pourra jouer son rôle dans la transition vers une Europe neutre en carbone, qui garantira un avenir meilleur à notre environnement et aux générations futures.



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